A jamais, a jamais. Mon nom est Métharmé
Fille que Pygmalion eut avec Galatée
La beauté que lui-même avait un jour sculptée
Et dont il s'éprit. Lors, lui devenant si chère
La sublime statue mua femme de chair,
Mais sur son corps vivant sont passées vingt années
Et la plus belle rose est désormais fanée
Au regard de l'homme qui en fit la culture :
Les femmes sont tuées bien avant les sculptures.
Son corps n'est à ses yeux que vestige d'antan
Recouvert d'un vieux mur décrépit par le temps
Un marbre dépoli dont plus rien ne subsiste ;
Mais la Grâce perdue se rebelle et persiste
Comme chienne enragée refusant de mourir
Comme un fruit oublié refusant de pourrir
Comme expire un écho dont seul un cri demeure...
Et moi qui suis le fruit de cet amour qui meurt
Je porte les charmes qui l'ont abandonnée ;
Car vous l'avez compris : vous aviez deviné
Qui je suis bien avant de me l'entendre dire
On me le dit assez : ces vingt ans me rendirent
Pareille à celle qui m'a jadis enfantée

LE DISCIPLE

Quasiment la copie : vous êtes Galatée
Quand on la vit pousser son tout premier soupir

MÉTHARMÉ

Et cela signifie qu'il faut m'attendre au pire.